Le Cloud fête déjà ses dix ans, pourtant il ne pèse que 11% des dépenses en logiciels et services des entreprises en 2016 selon Markess. Cette mince proportion montre qu'il n'est pas encore devenu un réflexe pour les DSI. En cause, une frilosité à l'adopter, notamment pour des questions de sécurité, et le fait que le Cloud ne réponde pas encore à tous les besoins.

Si le Cloud est indéniablement une innovation disruptive, capable de modifier l'écosystème informatique, il est apparu trop en avance par rapport aux besoins identifiés par le marché. C'est pourquoi le principal enjeu actuellement consiste à passer du statut d’ « innovation leader » - au sens de première en son genre - à celui d’ « innovation pérenne », c'est-à-dire massivement adoptée. Pour y parvenir, il faut donc trouver des usages que plébisciteront les utilisateurs.

L'histoire de la technologie rappelle que l'adoption par les utilisateurs n'arrive pas toujours tel qu'on l'imaginait. Exemple avec le PDA (Personnal Device Assistant) imaginé par Steeve Jobs pour, à l'origine, reconnaitre l'écriture manuelle. Des années plus tard, ce PDA est devenu iPhone et ce sont la téléphonie, la photographie et la musique qui ont déclenché son succès. Comme quoi, il suffit parfois d'ajouter une variante à une innovation pour que les utilisateurs aient la révélation d'un usage de masse.

A son tour, le Cloud est tiré par les utilisateurs (grand public et métiers en entreprise) qui apprécient les services Saas prêts à l'emploi, très simples à exploiter. Les DSI doivent maintenant lui donner ses lettres de noblesse. Deux tendances vont y contribuer : la transformation numérique de l'entreprise et le succès des objets connectés. D'où le besoin de plateformes d'un nouveau type, que le Cloud sait fournir. Ce n'est donc pas seul mais combiné avec d'autres technologies que le nuage va trouver les variantes qui l'imposeront à grande échelle.