En 2050, 75% de la population mondiale vivront en ville. En parallèle, la croissance du volume de données stockées est quatre fois plus importante que celle de l'économie mondiale. Conséquence,  de nouveaux « intermédiaires technologiques » voient le jour et proposent d‘interposer des services digitaux entre consommateurs et prestataires de services. À la croisée de ces tendances, la ville devient un laboratoire technologique. De nouveaux algorithmes analysent les données collectées dans la ville et ses bâtiments pour mieux comprendre les habitudes, les usages et les besoins des habitants dans l'espace urbain. Cette visibilité précise et en temps réel oriente, entre autres, les programmes immobiliers, le développement des transports publics autonomes et la modélisation des futurs aménagements urbains. La ville devient ainsi un espace connecté, ordonné et performant au plan environnemental.

 

Un risque d’uberisation

Si la technologie est source de mieux vivre en ville, elle bouscule simultanément certains métiers traditionnels, dont ceux dédiés à la gestion et l’amélioration de l'espace urbain. Par exemple, à l'avenir, la construction d'immeubles devrait être l'affaire de robots et d'ordinateurs. Seules quelques ressources humaines resteront nécessaires dans un rôle de supervision : responsable chantier, gestionnaire de projet et architecte. Parallèlement, les transactions, pré carré des agents immobiliers, vont de plus en plus se digitaliser. Des maquettes numériques en plusieurs dimensions permettront des visites en ligne et des bornes interactives se chargeront de diffuser les annonces. Les agents immobiliers devront réinventer leur métier pour apporter une valeur ajoutée à ces services digitaux.

Le constat est le même pour nombre d'autres métiers traditionnels. Pour perdurer, ils devront s'adapter et accompagner la transformation numérique de la ville. Ils éviteront ainsi de céder des pans entiers d'activité aux sociétés technologiques qui lancent les services digitaux urbains de demain. De plus, ils contribueront à une diversité d'offres et de services au bénéfice des habitants, comme par exemple des transports intelligents, capables d’adapter le nombre de rames de métro aux besoins réels, ou des plans de circulation modifiables en temps réel.