La neutralité du Net se concrétise par une règlementation qui oblige les FAI à garantir un accès technique universel à chaque client, indépendamment de la bande passante requise, du service utilisé ou du profil de l'utilisateur. Aujourd'hui, le régulateur américain des télécoms, la Federal Communications Commission (FCC), s'oppose à ce principe, chiffres à l'appui : les grands fournisseurs d'accès à Internet ont diminué leurs investissements en infrastructure de 5,6 % entre 2014 et 2016 à cause de cette règlementation contraignante promulguée en 2015. En effet, il leur est impossible de facturer davantage les services gourmands en bande passante pour ne pas créer un déséquilibre de prix entre différents services Web. Ce manque à gagner a une incidence sur leurs décisions d'investissement.

La décision de la FCC, appuyée par l'administration Trump, doit encore être débattue dans des consultations publiques, avant d'être soumise au vote. Elle brandit la menace d'un retour à certaines limitations dans l'accès Internet. Par le passé, avant que ne soit adoptée la neutralité du Net, les FAI pouvaient décider de limiter certains services, par exemple la diffusion de  vidéos. Revenir à ce fonctionnement leur donnerait les pleins pouvoirs, ce que dénoncent les adeptes de la neutralité du net. Parmi eux, les fournisseurs de contenus, tels Google et Facebook, qui ne veulent pas supporter des tarifications spécifiques pour parvenir à maintenir une qualité uniforme de leurs services. La bataille est engagée entre pro et anti-neutralité du Net.