Par le passé, la gestion d'un data center s'avérait plutôt prévisible, autour d'enjeux au nombre limité. Aujourd'hui, tout a changé et gérer un data center se révèle toujours plus complexe. Y travailler demande de sortir du cadre de systèmes linéaires et de savoir faire des choix face à des problèmes inédits. En termes de compétences, Uber, Google et Microsoft confirment la nécessaire capacité à évoluer, à apprendre constamment et à s'adapter à l'imprévu. En termes de connaissances techniques, mieux vaut être généraliste et détenir une expertise Cloud. En résumé, l'ingénieur apte au service dans le data center est polyvalent, capable d'intervenir sur les diverses technologies d'un écosystème complet et peu enclin à la routine.

Ces profils ne se bousculent pas aux portes des data centers, obligés de se concurrencer pour attirer les ingénieurs en poste chez les uns et chez les autres. Selon l'analyse des trois experts, la source du problème tient à un manque de visibilité du secteur et de ses opportunités de carrière. Une solution viendrait d'une meilleure offre de formation en université, mais encore faut-il provoquer la demande pour que l'éducation supérieure crée les cursus appropriés. Il est donc urgent de sensibiliser les futurs ingénieurs aux carrières que leur offre le secteur. En attendant, les ingénieurs en poste profitent d'une surenchère des salaires pour se disputer leurs compétences. Une situation finalement courante dans l’univers des technologies de l’information, mais paradoxale puisque le chômage des informaticiens ne cesse d’augmenter.