Aujourd'hui, le Cloud sert de système central pour le traitement des données et implique un transfert des requêtes jusqu'à lui, lesquelles repartent une fois traitées vers la périphérie. Avec l'avènement de l'IoT, ce modèle ne tient plus : il est impossible d'assurer un aller-retour des requêtes vers le Cloud en temps réel sans problème de latence, compte-tenu des volumes colossaux de données générés par des milliards d'objets connectés.

De plus, le modèle (déjà) traditionnel du Cloud soulève des inquiétudes en termes de sécurité des données : il n'est pas évident pour l'utilisateur d'accepter que des informations privées issue de son domicile connecté ou des données au cœur de la sécurité de sa voiture autonome transitent vers le Cloud. L'adoption de l'IoT va ainsi grandement dépendre de la confiance des utilisateurs. Une sécurité "by design" s'impose pour rassurer.

La périphérie : nouveau lieu de traitement des données IoT

Le modèle de l'IoT répond à ces enjeux car il repose sur une décentralisation du traitement des données qui quitte le cœur du nuage. En effet, l'objet connecté sert à la fois de capteur de données et de mini centre de traitement en périphérie, là ou se situe l'utilisateur. Ce modèle garantit des analyses en temps réel capitales - en témoigne le véhicule autonome qui ne peut hésiter sur la route le temps d'une latence de transfert de données. Le Cloud, pour sa part, va garder un rôle crucial mais différent : il sera utilisé pour mettre en mémoire des données de référence à partir desquelles les objets connectés affineront leurs capacités d'analyse par machine learning. Pour les entreprises, ce nouveau modèle ouvre des opportunités d'affaires. Par exemple, les détaillants pourront bénéficier de micro ciblages des clients grâce au traitement des données commerciales en périphérie, immédiates et sur mesure.