Sur les plateformes de vente ou de services, les données personnelles des internautes sont la monnaie d'échange pour accéder gratuitement à des services à valeur ajoutée. Les plateformes exploitent ces données dans deux objectifs : pour améliorer leurs propres services – en instaurant par exemple une tarification dynamique ciblée - ou pour les revendre à des spécialistes du ciblage publicitaire. Dans tous les cas, ces données augmentent leurs profits. Certes, l'internaute est libre de refuser l'exploitation de ses données, mais il se prive alors des services de la plateforme. Il accepte donc le plus souvent, se soumettant ainsi à une perte de confidentialité et de contrôle de ses informations personnelles.

L'outil fiscal au secours des données privées

Comment corriger cette situation qui conduit à une exploitation des données plus importante que ce que la plupart des consommateurs approuvent réellement ? Une première option consisterait à permettre aux internautes de désactiver la collecte de leurs données privées et d'accéder tout de même à la plateforme. Mais, dans ce scénario, les internautes qui ne désactivent rien pourraient voir leurs données surexploitées pour compenser la diminution du volume total de données collectées par les plateformes.

L'outil fiscal peut apporter une réponse, à condition de concevoir une taxe sans effets dommageables pour l'internaute. Dans ce cas, exit une taxe payée par l'utilisateur lui-même. L'option d'une taxe payée par la plateforme pour chaque utilisateur n'est pas non plus idéale : ses marges diminueraient, l'incitant à exploiter encore plus les données collectées. La mise en place d’une taxe différentiée par type d'usage des données – moindre lorsque la plateforme les utilise ponctuellement pour améliorer ses services, plus élevée quand il s'agit de les revendre – paraît mieux adaptée. Selon les deux universitaires français qui signent cette tribune, ce modèle dissuaderait l'exploitation la plus excessive des données, soit la revente à fins publicitaires.