Quel est le point commun entre une piscine et un data center ? Ces deux installations sont gourmandes en énergie, la première pour chauffer l'eau de ses bassins, la deuxième pour refroidir ses nombreux serveurs. D'où l'idée de chauffer un des bassins de la piscine municipale de la Butte aux cailles avec la chaleur émise par les milliers de serveurs d’un data center installé en sous-sol et récupérée par un dispositif d’échangeurs thermiques innovant. Si d’ordinaire, les serveurs ont besoin de climatisation pour fonctionner de manière optimale, l’idée ici est de récupérer la chaleur qu’ils émettent plutôt que de la rejeter dans la nature.

Ce projet est mené à Paris par la startup Stimergy, en charge d'installer une chaudière capable de canaliser la chaleur d'un côté pour la recycler en chauffage de l'autre. Stimergy a développé un projet du même type à Grenoble pour chauffer une vingtaine de logements sociaux. Grâce à ce système, la piscine va moins solliciter le système de chauffage urbain traditionnel, donc consommer moins d'énergie. Il en découle un double avantage : des économies financières et une meilleure efficacité énergétique, de surcroît plus respectueuse de l'environnement : l’équivalent de plus de 45 tonnes de CO² pourraient ainsi être économisé. Avec 42 data centers en Région Parisienne, l’idée pourrait être généralisée à toute l'Ile-de-France, avec d’importants gains – financiers et écologiques – à la clé.