Lancé en 2009, le Bitcoin constitue la monnaie cryptographique décentralisée la plus répandue au monde. A l'origine, le « minage » de cette monnaie virtuelle était le fait de particuliers. Très vite, une course à la puissance a été lancée : les CPU traditionnels ont été remplacés par des GPU (cartes vidéo), elles-mêmes supplantées dès 2013 par les « ASIC chips » (circuits intégrés spécifiques). Depuis, le minage est devenu un secteur d'activité à part entière, concentré dans des data centers professionnels.

La Chine a vite excellé dans le domaine, avec une stratégie payante : installer les ressources de calcul au plus près de sources d'énergie bon marché et réaliser des économies d'échelle, en particulier sur le renouvellement des ASIC chips. En effet, à leur lancement, ces circuits intégrés avaient un cycle de vie d'à peine 3 mois, tant leur technologie évoluait vite. Investir dans les dernières versions les plus puissantes n'était pas tenable pour les particuliers.

A présent la donne change. Côté matériel tout d'abord : le cycle de vie des ASIC chips a atteint le délai standard du marché (18 à 24 mois). Les coûts énergétiques, ensuite, mettent une limite au minage en data center : la chaleur émise par le minage industrialisé est telle qu'elle induit des coûts de refroidissement difficiles à supporter. Ainsi, le minage en data center risque de reculer. Les particuliers n'ont pas dit leur dernier mot et reviennent en force dans la course.