Parmi les impacts déjà tangibles du référendum britannique, le secteur relève déjà un accroissement du prix des services Cloud facturés à la demande par les fournisseurs américains. En cause : la dévaluation de la livre face au dollar. Ainsi, une livre sterling permet d'acheter 16 heures de services Cloud d'un opérateur américain, alors qu'elle permettait d'en consommer plus de 18 heures jusqu'au jour du référendum. Cette augmentation mécanique des prix des fournisseurs américains se ressent aussi au niveau du hardware  pour les opérateurs de data centers Cloud : pour certains, la facture de matériel a augmenté de 10% depuis le référendum. Les marges en pâtissent, ce qui pourrait ralentir l’investissement et l’innovation.

 

D'autres défis demandent de l'anticipation. La réglementation en matière de protection des données d'une part. Jusque-là, le Royaume-Uni bénéficiait du travail législatif mené par l'Europe en la matière. Une fois seul aux commandes, le pays devra légiférer pour créer ses propres règles. Pour préserver les relations commerciales avec le marché commun européen, il lui faudra répondre aux mêmes exigences. D'autre part, l'afflux de compétences européennes dans le secteur high-tech britannique pourrait se tarir. Un risque de pénurie se profile à l'avenir - entre autres dans des domaines que l'éducation supérieure locale ne prend pas en charge pour le moment (administration de systèmes Linux, développements en Python, DevOps, en particulier).

 

Certaines craintes semblent moins fondées. Entre autres, le déménagement de grandes banques étrangères qui déplaceraient leurs data centers dans leurs nouveaux pays d'implantation. Peu probable au final : ce type de migration est particulièrement long et onéreux. Qui plus est, ces banques privilégient un hébergement local par pays, et il n’existe pas de raison pour que cette règle change. Reste aussi que la demande intérieure du royaume pourrait se recentrer sur les opérateurs nationaux, les prix à la hausse des fournisseurs américains n'étant plus aussi attractifs. D'où l'opportunité pour le secteur britannique des data centers de récupérer des contrats, mais aussi de répondre à une demande nationale accrue en matière de Cloud qui ne manque pas de s'accélérer en cas de crise. La flexibilité sera le mot d'ordre.