Il va falloir s'y habituer : les data centers vont de plus en plus faire partie du paysage urbain. C'est le cas en Ile-de-France - particulièrement à Paris et en Seine-Saint-Denis - dont les puissantes infrastructures électriques, la bonne desserte en transports et les faibles risques naturels attirent les data centers. Ces « usines numériques » devraient y occuper davantage de terrain à l'avenir pour prendre en charge un volume croissant de données Internet, qui sera multiplié par six d'ici 2020 selon Gartner. En parallèle, la taille moyenne des data centers augmente : elle a décuplé ces dix dernières années, explique l'Institut d'urbanisme d'Ile-de-France, pour atteindre une moyenne de 10 000 m².

En pleine ville, la prolifération des data centers peut poser des problèmes de voisinage. Les opérateurs innovent pour les résoudre. Ainsi, à Paris, un data center dans le quartier du Sentier imposait aux riverains les nuisances sonores de son puissant système de ventilation activé 24 heures sur 24. Face à la grogne des riverains, l'opérateur a engagé des travaux pour refroidir l'installation de façon plus discrète.

Les data centers vont plus loin pour s'intégrer dans leur quartier. À Paris toujours, un data center situé dans le XIIIe arrondissement aide la ville à réduire son empreinte carbone. Grâce à un système mis au point par l'entreprise française Stimergy, la chaleur émise par des serveurs installés en sous-sol de la piscine de la Butte aux Cailles est recyclée pour chauffer l'eau du bassin. A la clé, les économies sont doubles : la consommation électrique du data center est divisée par deux, alors que la piscine est chauffée en consommant bien moins d'énergie. D'autres innovations suivront sans doute pour faire des data centers une aubaine pour l'environnement urbain.