Les universités américaines exploitent aujourd'hui de nombreuses informations sur leurs étudiants et postulants : identité, notes d'examen, parcours scolaire, contribution sur les médis sociaux, entre autres. L'analyse de ces Big Data permet de dresser un profil précis des capacités de chacun. En mode prédictif, ces données indiquent le potentiel des élèves qui sortent du lycée et postulent à l'université dans un système américain plutôt sélectif à l'entrée. Si l'intention se veut bienveillante - aider chacun à avancer dans ses études - les risques de disparité et de préjugés, notamment communautaires, sont importants.

Des spécialistes américains du monde universitaire se sont réunis en juin dernier à l'Université de Stanford pour préconiser des usages éthiques des données sur les étudiants. L'objectif vise à éviter toute dérive et à assurer que les Big Data aident les universités qui en ont le plus besoin - en l'occurrence, de petites universités qui reçoivent de nombreux étudiants des communautés noires et hispaniques plus exposées à l'échec scolaire. Difficile en effet pour ces institutions aux budgets serrés, de s'offrir des technologies d'analyse des Big Data.  En attendant les conclusions de cette réunion, des mots d'ordre posent déjà un garde-fou pour exploiter les données : transparence, collaboration et objectifs en faveur des étudiants. Quant aux établissements pour qui les Big Data restent un luxe, ils vont devoir faire preuve de créativité pour se doter de moyens d'exploiter les données qui aideront les étudiants les plus fragiles. Révolution numérique oblige.