Les réseaux de chaleur sont capables de chauffer des quartiers entiers en recyclant la chaleur émise par diverses activités. Parmi celles-ci, Göteborg exploite déjà la chaleur de l'incinération des ordures, Rotterdam celle d'un data center et Londres celle de son métro.

Déjà 13% du chauffage résidentiel d'Europe sont assurés par ces systèmes intelligents. Ils ont pourtant la capacité à chauffer 100% du bâti du continent en tirant parti de la "Smart City", la ville connectée. En effet, ces réseaux de chauffage s'appuient sur les informations échangées entre  capteurs communicants, sous-stations intelligentes et régulateurs. En croisant ces données, il est possible de récupérer la chaleur aux heures creuses des tarifs énergétiques, de la stocker à court terme avant de la rediffuser quand tout le monde monte le chauffage. De quoi éviter des pics onéreux de consommation énergétique.

Pour passer de 13% à 100% du chauffage résidentiel, les réseaux de chaleur doivent se développer en Europe. Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer : en effet, plus les programmes impliquent d'acteurs privés, plus le processus se complique et se ralentit. Gouvernements et services publics ont de bonnes raisons de prêter main forte à la coordination des réseaux de chaleur : si toute la chaleur gaspillée en Europe était recyclée, outre les gains financiers, 400 millions de tonnes de Co2 par an seraient économisées.