Les data centers font l'objet d'un paradoxe. D'une part, l'économie mondiale repose aujourd'hui sur eux puisqu'ils font tourner le Web. Ils jouent un rôle capital dans la mondialisation et représentent un secteur en pleine expansion – avec à la clé, un impact économique et social important, notamment au niveau de l'emploi. D'autre part, ils sont régulièrement oubliés dans les débats sur la mondialisation. Nombre d'internautes, mais aussi d'entreprises et de services gouvernementaux qui misent sur les services Web, les perdent de vue. Selon une idée erronée, les données flotteraient dans la virtualité du Cloud.

Trois auteurs universitaires du site The Conversation ont décidé de diriger les projecteurs sur les data centers. Leur équipe a exploré la question à Sydney. Premier constat : il n'est pas simple de repérer les installations dans l'environnement urbain. Dans la capitale australienne, elles se concentrent dans l'ancien quartier industriel d'Alexandria où arrive le câble sous-marin du réseau Southern Cross Cable qui connecte le pays au reste du monde. Les bâtiments des data centers se fondent dans le décor - sécurité oblige. Pourtant, ils sont bien là, à l'exemple des 4 data centers d'Equinix, dont la toute nouvelle installation SY4. Cette dernière va quasiment doubler les capacités d'Equinix à Sydney.

Les auteurs rappellent que ces installations qui se déploient sans attirer l'attention méritent qu'on s'intéressent à elles. L'enjeu : comprendre comment nos données sont gérées et protégées et évaluer l'impact des data centers aux plans économique, industriel, gouvernemental, sociétal et environnemental. Une réalité qui n’a rien de virtuel…